📸 Crédit photo : Gabriel BOUYS / AFP

Il voulait marquer l’histoire. Il a failli y parvenir. Timothy Loubineaud 🇫🇷, figure du patinage de vitesse français, a vécu une quinzaine olympique intense à Milan-Cortina 2026 marquée par la douleur, la rage et la fierté. Deux courses, deux places d’honneur frustrantes. Mais un homme debout.

Un record du monde, puis les JO : la montée en puissance d’un pionnier

Avant même d’arriver en Italie, le Girondin de 29 ans avait déjà marqué les esprits. Le 14 novembre 2025, à Salt Lake City, il pulvérisait le record du monde du 5 000 m en 6 min 00 s 23, s’imposant comme l’un des patineurs de fond les plus rapides de la planète. Un coup de tonnerre dans une discipline confidentielle en France, qui propulsait « Timmy Tempo » au rang de grand espoir de médaille olympique.

Un statut inédit pour un patineur tricolore. Car il faut le rappeler : la France n’a jamais décroché de médaille olympique en patinage de vitesse longue piste. Loubineaud portait sur ses épaules l’espoir d’écrire une première page historique.

5e sur 5 000 m, 4e sur 10 000 m : si près, si loin

Dimanche 8 février, sur le 5 000 m, il termine 5e en 6 min 11 s 15, à sept secondes du vainqueur norvégien Sander Eitrem, celui-là même qui lui avait repris son record du monde quelques semaines plus tôt. Prostré sur un banc après l’arrivée, les mots sont durs : « Je n’ai pas réussi. Ça me fait chier autant que ça peut faire chier les autres. »

Vendredi 13 février, nouvelle tentative sur le 10 000 m. Et nouvelle douleur. Longtemps virtuellement médaillé de bronze, le Girondin craque physiquement dans les derniers tours. Il finit 4e, à seulement 3,72 secondes du podium, à 10,77 secondes du vainqueur, le jeune Tchèque Metodej Jilek (19 ans). « Je n’avais pas les jambes. J’ai été fort, mais pas assez », lâche-t-il sobrement.

Un post Instagram qui dit tout

Quelques jours après la fin de ses Jeux, Timothy Loubineaud a publié sur Instagram un message d’une sincérité bouleversante, qui a touché bien au-delà du monde du patinage :

Des mots forts. Honnêtes. Ceux d’un compétiteur qui refuse de se mentir à lui-même. Mais aussi ceux d’un homme qui, au milieu de la déception, garde une flamme intacte : « Une détermination presque brutale. Une envie encore plus grande qu’avant. »

Une fierté française dans une discipline peu connue

Pourtant, il faut replacer ces résultats dans leur contexte. 5e et 4e aux Jeux Olympiques, dans une discipline dominée par les Néerlandais, Norvégiens et Polonais depuis des décennies. C’est historiquement remarquable pour un représentant tricolore.

Loubineaud est un athlète hors norme. Quatre fois champion d’Europe et vingt fois champion de France en rollers de vitesse avant de se reconvertir sur glace, il incarne à lui seul la montée en puissance d’un patinage de vitesse français longtemps à la peine. Membre de la Police nationale dans le cadre du dispositif sportif de haut niveau, il a construit sa carrière dans l’ombre, sans filet, sans la lumière que méritait son talent.

Aujourd’hui, grâce à lui, des milliers de Français ont découvert cette discipline. Et ça, c’est une victoire en soi.

Les Alpes françaises 2030 en ligne de mire… mais sur quelle piste ?

« La prochaine fois, je ne viendrai pas pour apprendre. Je viendrai pour prendre. » Le message est clair. Timothy Loubineaud sera de retour dans quatre ans, aux Jeux Olympiques d’hiver des Alpes françaises 2030, encore plus affamé, encore plus préparé.

Et quelle occasion ce sera. Performer devant son public, sur ses terres, dans un pays qui commence tout juste à découvrir son talent. À 29 ans aujourd’hui, il sera dans la force de l’âge au moment de ces prochains Jeux.

Mais un problème de taille se pose. La France ne dispose d’aucun anneau de patinage de vitesse sur son territoire. Résultat : des sites aux Pays-Bas et en Italie sont à l’étude pour accueillir les épreuves en 2030. Une hypothèse que Loubineaud, qui s’entraîne toute la saison à Inzell en Allemagne faute d’infrastructure en France, refuse catégoriquement. « Ce serait une honte. C’est comme si on demandait aux biathlètes d’aller faire leurs épreuves en Suisse », déclarait-il au micro de RMC Sport le 5 février dernier, avant même le début de ses Jeux.

Un combat de plus pour « Timmy Tempo« , qui se bat autant sur la glace que pour défendre son sport en France. Quoi qu’il arrive, une chose est certaine : la médaille historique qui lui a échappé à Milan n’a peut-être été que repoussée

Par Louis Topuz – Topuz Sport Media

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